C'est la fête au village
Toi tu croyais que t'avais trouvé la femme de ta vie...
Évidemment elle était pas parfaite mais tu regardais aussi son ½il qui se plissait quand elle te parlait, et à travers ses mots tu découvrais une vision du monde qui te plaisait, comme une porte vers un mode de pensée qui t'était étranger et qui te donnait le sourire. Et vite t'es tombé amoureux d'elle. Très même.
Et puis ton esprit a commencé à divaguer. T'avais envie de vivre avec elle parce que tu te disais que ça serait doux et agréable et câlin et intelligent. Et puis un jour dans une discussion, vous aviez parlé bébés. Pas les votres bien sûr, au cas où ça aurait fait peur à un de vous deux. Mais des bébés comme ça, des qu'on connait pas, des qu'on imagine à peine. Et tu t'étais vu sourire dans ta tête et même tu t'étais dit que t'aimerais peut-être bien en avoir avec elle et les regarder grandir ensemble.
Et puis les circonstances ont commencé à lever des obstacles devant cette vie que tu imaginais à deux. Chacun de votre côté, vous arriviez pas à voir comment ça allait être possible d'habiter ensemble, elle parce qu'elle voulait ni s'éloigner de l'endroit où est son travail ni de ses amis, et toi parce que tu pensais être incapable de vivre encore une fois chez les fous. Et forcément chacun de votre côté, vous avez commencé à chanter une petite chanson de reproche sur l'air de "Si tu fais pas ça pour moi, c'est que tu m'aimes pas comme je voudrais". Pourtant vous vous aimiez c'est sûr mais peut-être pas assez finalement.
Et les petites chansons à un moment, ça se transforme en reproches sourds et ça détruit tout. Parce que ça n'a rien de constructif, parce que quand y'en a un qui cingle, ça te laisse une trace sur la peau.
Et un jour, y'en a un de trop, un qui claque un peu trop fort, un qui fait un peu trop mal. Un qui dit que de toutes façons on y arrivera pas et que tu te prends en pleine figure. Tu le vois partir, tu sens bien qu'il va t'atteindre, mais tu baisses même pas la tête pour l'éviter.
Alors vu que c'est dit, vous finissez par y croire tous les deux.
Et chacun dans votre coin, vous commencez à répéter, même si vous le pensez pas vraiment, que ça serait plus facile si vous étiez plus ensemble. Et à un moment, tu comprends qu'elle va sortir de ta vie. Et puisqu'elle te l'avais expliqué, tu te dis que malgré les promesses, elle va disparaitre pour toujours et que tu la recroiseras plus jamais.
Et tu sais que ça va te faire le même effet que la mort de quelqu'un qui compte.
Et tu croyais qu'un jour tu partirais en bateau de l'autre côté du monde mais au mieux tu feras le tour du quartier à vélo. Tu imaginais tes jours peuplés de petits cris, de dents qui poussent et de couches à changer mais t'as juste un chien à aller faire pisser. Tu commençais à envisager comment construire un nid, parce que t'allais enfin en avoir besoin mais tu continues à bordéliser ton espace. Tu pensais que toutes les nuits tu pourrais mordiller une nuque amie alors que tu fais que baver sur ton oreiller. Tu savais que t'allais enfin avoir un vrai motif de faire attention à toi mais tu fumes tellement que t'en as mal aux dents et tu roules si vite que ça en fait peur aux oiseaux. Tu croyais que t'avais trouvé la femme de ta vie mais la vie elle a pas voulu de vous.
Tu te prenais pour un super héros mais en fait, t'es qu'une majorette qui défile sous la pluie.
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